Les Berbères en Amérique
18/9/2008
En 1930, à l'occasion du centiare de la colonisation française en Algérie, G. Cauvet, un chercheur français, publia un livre intitulé "Les Berbères en Amérique". Ce livre, édité à Alger chez J. Bringau, est demeuré presque inconnu. Il est basé sur des recherches menées par l'auteur sur les noms ethniques des tribus Berbères et Indiennes d'Amérique. Cauvet avait montré que plusieurs noms de tribus et de toponymes étaient les mêmes. Certains noms Américains ne se retrouvent qu'en Tamazgha (Afrique du Nord), ou sur les lignes de migration qui y mènent et non dans les autres parties du globe. Ces travaux ont été publiés dans le Bulletin de la Société de Géographie d'Alger de 1924 à 1930. Par ailleurs, d'autres preuves existent sur l'arrivée réelle d'Africains en Amérique. Dans un livre intitulé " Introduction à l’étude des Races Humaines" de Quatrefages (p.554-598), il écrit : "...En décembre 1731, une barque chargée de vin des Canaries, abordait à Port d'Espagne, dans l'île de la Trinité (Antilles). Le passeport de la douane indiquait que cette barque était partie de Tenerife è destination de Palma et de Gomera. Une tempête l'avait surprise et écartée de sa route. Puis, entrainée par les courants, elle avait traversé l'Atlantique et était arrivée aux Antilles...". De Quatrefages fait remarquer, à ce propos que les hasards de navigation pouvaient aussi bien emporter plus au Sud sur la côte brésilienne, des Africains égarés sur les flots de l'Atlantique. En admettant qu'il se soit produit quelques faits de ce genre chaque siècle, il a dû y avoir, depuis que l'Afrique est peuplée, de nombreux arrivages d'Africains en Amérique. Selon Cauvet, il est probable que les Berbères aient organisé des expéditions vers l'Amérique précolombienne. Le courant équatorial Atlantique du Nord qui, balayant les côtes de tamazgha aboutit dans les parages des Antilles, facilitant mieux que tout autre point les voyages de Tamazgha et d'Espagne aux Antilles. Par ailleurs, les Berbères avaient avec eux pour les pousser et les guider les peuples les plus civilisés du monde ancien : Phéniciens, Ibères, égéens, Cariens et égyptiens, dont certains étaient des navigateurs intrépides. Christophe Colomb a peut-être bénéficié de ce savoir-faire amazigh (maures ou moros, canariens) dans sa découverte de l'Amérique. Il a été le premier grand navigateur européen à avoir compris l'atout du courant des alizés qui vont mourir en Amérique central. L'archipel des Canaries se trouve au milieu de ce courant des alizés vers l'Amérique. C'était de Séville, patio de Andalousie, où jadis conviaient en paix et harmonie les maures et les chrétiens, que sont partis Christophe Colomb et Amerigo Vespucci à la découverte du nouveau monde. Ils embarquèrent avec eux essentiellement des Imazighen (moros) et des Juifs expulsés par les rois espagnols Ferdinand et Isabelle. La petite flottille génoise avait appareillé avec ses trois caravelles du port espagnol de palozo, mais arrivée à la hauteur de l'île de Lanzarote, elle casa le gouvernail de la Pinta. Cet accident contraint l'amiral à prolonger son séjour dans les îles. La Pinta était en chantier, Colomb s'était installé dans l'île de la Gomera, dans la petite capitale de San Sébastian où il se prépara au grand bond vers l'Atlantique. Après un mois, il donna l'ordre d'appareiller. A cette époque, les îles de Palma et de Tenerife n'avaient pas encore été conquises, autrement dit, elles étaient encore indépendantes sous la souveraineté des Agellid Igwanciyen (rois Guanches). Par la suite, elles allaient être écumées de ses habitants par les conquistadors espagnols. San Sébastian allait devenir l'escale habituelle de Colomb pour chacun de ses voyages. C'est avec le voyage de Colomb que l'intérêt pour le Nouveau Monde s'est réveillé chez les Imazighen Canariens et les Moros expulsés d'Espagne : un grand nombre d'habitants de la Gomera sont partis (ou déportés) avec ces caravelles. Un des Canarien s'est rendu célèbre pour avoir gagné à la course une femme indienne dans l'île de la Guadeloupe pendant l'escale. A partir de cette époque, presque tous les navigateurs qui s'arrêtaient aux Canaries pour se rendre en Amérique, engageaient des matelots de l'archipel (après avoir épuisé le stock de Moros d'Espagne). Toute la première moitié du XVIIème siècle a vu des contingents nombreux d'émigrants Canariens enrôlés dans les flottes espagnoles pour coloniser l'Amérique comme marin, militaire ou aventurier. Par la suite, de nombreuses familles paysannes de l'archipel partirent vers les Amériques chercher des terres fertiles (leurs propres terres furent confisquées par les colons espagnols). Le roi Felipe V d'Espagne a émis un décret selon lequel les Imazighen Canariens étaient obligés de donner un certain nombre de familles pour peupler l'Amérique. Ainsi, la ville de Montevideo, capitale de l'Uruguay, a été fondée par une cinquantaine de familles canariennes, de même qu'une importante partie du Venezuela. Selon, une amie écrivaine latino-américaine d'origine canarienne (ISSER, La Voix du Sang, 1985), ils accueillent encore de nos jours une population canarienne nombreuse. Des Imazighen Canariens ont participé aux expéditions des colons en Amazonie et le long du fleuve Maragon. Partout en Amérique, on désigne les Canariens sous le nom de ISLENOS, les insulaires. Ils débarquent toujours très nombreux à Cuba, à Puerto Rico, à Saint Dominique, au Venezuela. Ce flux d'émigrants canariens ne s'est pas arrêté avec l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique. Au XIX siècle, Cuba va absorber la presque totalité de l'émigration canarienne. Les autorités et les propriétaires terriens de cuba, du Venezuela et des autres états américains, ont vite profité de l'ignorance des immigrés et ont procédé à une exploitation honteuse de leur travail. En dehors de ces émigrants exploités, des Imazighen canariens se sont illustrés dans l'histoire de l'Amérique comme des grands personnages. Francisco d'Avila Orecon, originaire de la Gomera, a réussi à se faire nommer GOUVERNEUR de la Havane. Antonio Porlier, né à la Laguna dans l'île de Tenerife, devint accusateur public au tribunal de Lima. Au Venezuela, un Canarien, Eugénio de Pontéi Hoyo, a occupé la charge de GOUVERNEUR de Caracas. Pendant le XIX siècle, les Imazighen Canariens participent à la lutte pour l'émancipation américaine, soit en devenant des militants indépendantistes, soit en combattant les armées du colonisateur espagnol. Ainsi, le père Francisco de Miranda, héros de l'indépendance du Venezuela, était originaire de l’Orotaba dans l'île de Tenerife. Le général Artigas, père de l'indépendance de l'Uruguay était le neveu d'une femme canarienne. La mère de José Marti, homme politique de Cuba, était native de Santa Cruz de Tenerife. Les insurgés cubains, pendant la guerre d'indépendance, ont compté jusqu’à six généraux d'origine canarienne dont Manuel Suarez Delgado qui s'est rendu célèbre. Le Venezuela a eu deux présidents de la république d'origine canarienne, Romulo Béthencourt et Raphael Caldera. L'Hocine Ukerdis (à suive) Note : L'archipel cubain fut découvert le 27 octobre 1492 par Christophe Colomb, lors de son premier voyage dans ce qui serait plus tard le Nouveau Monde. A la Havane : Les balcons mauresques, plantes, fleurs écarlates, évoquent les bourgades andalouses. On déguste ici le traditionnel moros y christianos (riz aux haricots noirs) introduit par les Imazighen canarien.
Source : thamurt.net
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Jijel est une ville de la kabylie orientale
18/9/2008
Historiquementet géographiquement Jijel a toujours fait partie de la Kabylie et qu’elle estla capitale de la Petite Kabylie des Bâbords plus exactement. Tout ceci par la faute du pouvoir qui n’a pas su, pas voulu apprendre à ses enfants la véritable histoire de leur pays. Et aussi au nom du principe qu’il faut diviser pourrégner. Selon Ibn Khaldoun, le père de la sociologie et de l’histoire moderne,durant toute l’histoire de notre pays, il n’y a eu que 20 000 Arabes qui sont entrés en Algérie, le plus souvent à l’appel des princes berbères pour les aider dans les guerres qu’ils se menaient entre eux, la plus grande vague ayant été celle des Béni Hilal. L’islam et la civilisation arabe se sont étendus, non pas par les Arabes, mais par les peuples qu’ils ont convertis. Il ne faut pas oublier que Tarik Ibn Ziyad (Kutamien) est un pur berbère de Tiddis (Tiddis ville berbère 12/14km du nord constantinois malheureusement les autorités Algérienne l'appelle ville romaine) et qu’il a mené les armées berbères islamisées ( donc arabisées puisque l’islamisation s’accompagnait de l’arabisation puisque pour connaîtrele Coran, il faut connaître l’arabe...et comme le berbère n’était pas écrit,chaque fois que quelqu’un voulait maîtriser l’écriture, il ne pouvait apprendre que l’Arabe...) en Espagne Du coup, nos amis berbérophones ne reconnaissent ni Ibn Khaldoun, ni Tarik qui sont d’authentiques héros berbères mais qui ont eu le malheur d’être arabophones... Pour revenir à Jijel, son histoire a été unpeu particulière. D’abord parce qu’elle a été la première cité des frères Barberousse en Algérie, ce qui a provoqué une ouverture exceptionnelle vers la Méditerranée et induit le mélange des populations et des langues. Il ne faut pas oublier que les jijeliens(Kabyles) étaient les seuls non Turcs de l’Empire Ottoman à avoir l’autorisation de porter des armes et de fréquenter les mêmes lieux publics que les Turcs, ceci en récompense de l’aide que les tribus ( kabyles bien sûr ) de Jijel ont apportée aux frères Barberousse quand ils ont débarqué à Jijel, à la prise de la citadelle génoise de la ville ( fort Duquesne )ainsi qu’au siège de Bejaïa alors occupée par les Vénitiens, ainsi Alger et Oran. Le second bouleversement a eu lieu lors de la révolte d’El Mokrani et de Cheikh El Haddad qui sont partis de la région deBordj et Bejaia pour rallier à leur cause toutes les tribus kabyles, dont celles de la région de Jijel en 1871. La répression coloniale a été terrible et a procédéaux déportations massives des populations vers la Réunion, Cayenne et surtout la Nouvelle Calédonie mais, aussi, à l’intérieur du pays. Ainsi, la population de Jijel a été déplacée vers Guelma, El Khroub, Aïn Abid (Constantine) où, après une quarantaine d’années là-bas, beaucoup sont rentrés dans leur région d’origine quand la situation s’est calmée, mais surtout, parce que les habitants de ces régions n’appréciaient pas leur présence sur leurs terres.Ceux qui sont revenus sont revenus arabisés, ils n’ont gardé du kabyle que quelques mots (aghrom, azri, aghenja, aghled,makhtafa,achdek,aknouche,ahamali...) rattachés au plus profond de leurs racines et sont devenus arabes aux yeux de tous. Que chacun connaisse son histoire pour renforcer la connaissance de soi, de son peuple, de sa civilisation, c’est ce qu’il faut faire. Mais s’en servir pour diviser, pour agresser et pour exclure, c’est ça que nous, Djidjelliens, nous n’aimons pas.Parce ce que nous croyons à l’unité de l’Algérie dans toute la richesse de sa diversité et nous sommes effrayés par l’utilisation que font de cela les tenants d’un certain berbérisme. Quand les Français sont rentrés en Algérie (CF :i.e. livre de Olivier Le cour Grand maison paru en 2005 et qui s’intitule Coloniser, exterminer : la France et la guerre coloniale ), ils ont tout desuite partagé les Algériens en trois catégories : les Maures, habitants de villes, décrits comme très civilisés mais ramollis, les 'Arabes' (Les berbères arabisés) ou les Chaouias,habitants des grandes plaines, éleveurs et agriculteurs qu’il fallait exterminer car fiers et indomptables. les Kabyles, habitants des massifs montagneux, travailleurs et attachés à leurs terres pauvres et exiguës qu’il ne faut pas attaquer dans un premier stade car il n’y avait aucun intérêt économique ; Comme les Français convoitaient les espaces occupés par les 'Arabes' (Les berbères arabisés) ou Chaouias, c’est contre eux uniquement que la guerre a été menée. Mais le peuple algérien n’est pas tombé dans le piège et a su serrer les coudes puisque les tribus kabyles ont suivi Abdelkader et se sont révoltées autant que les autre Algériens. Malheureusement, cette graine de division que les colonisateurs ont semée en 1830, c’est maintenant qu’elle semble prendre racine...c’est pour cela que nous sommes fragiles et c’est pour cela que les Djidjelliens sont paumés. Connaître l’arabe, n’est pas mépriser le kabyle,connaître le kabyle n’est pas haïr l’arabe, le français n’est pas contre l’arabe,ni le chinois n’est contre le swahili ou le persan contre l’araméen. Aucune langue n’est contre une langue, elles sont toutes là pour que l’être humain puisse mieux accéder à la connaissance de soi et de l’autre. A cela à plus forte raison quand il s’agit de langues que notre peuple pratique. Auteur M.c
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Imazighen
18/9/2008
Un Amazighe ne peut être qu’amazighe. Ni le mythe selon lequel les Amazighes viennent des pays scandinaves, ni celui qui dit que les Amazighes viennent d’Asie ne peuvent être admis. Des pseudo-historiens et généalogistes falsificateurs, pour prétendre que les Amazighes sont d’origine de telle ou telle région, de tel ou tel peuple, n’ont trouvé que d’inventer des fables et d’appliquer les méthodes mensongères. J’attire l’attention sur le fait que les Amazighes (Imazighen) ne viennent de nulle part, puisque leur existence civilisationnelle remonte à la nuit des temps, mais il est admis que les influences circonstancielles et les interactions réciproques de plusieurs peuples, tels que les Egyptiens, les Grecs, les Phéniciens, les Romains… et, dernièrement, les Arabes, avaient bel et bien existé et ce, par rapport à la position géographiquement-naturellement stratégique de l’Afrique du Nord. Ce qui est irréfutable, c’est que l’Amazighe est certainement le plus permanent et le plus important et le plus ancien. De nos jours, les recherches se poursuivent activement et ouvrent de nouveaux champs de connaissance sur le passé le plus lointain des Amazighes. La présence et les manifestations de la civilisation amazighe étaient depuis la haute antiquité attestées sur une très vaste contrée africaine que couvre Tamezgha (l’Amazighie). Toutes les études scientifiques s’accordent sur le fait que les principaux éléments de la culture amazighe sont en place depuis la préhistoire : une même langue de communication, un peuple, un type d’arts, la même tenue alimentaire et vestimentaire… un mode de vie typiquement nord-africain. Cette civilisation, qui n’était jamais isolée, a sans être absorbée, su se développer au contact d’autres peuples du pourtour de la Méditerranée. Il n’est pas sans utilité de dire qu’il existe une culture amazighe nourrie d’un ensemble d’interactions qui, en étant imprégné des civilisations méditerranéennes, assurait les relations entre la rive nord de la méditerranée et celle du Sud. Ces influences interactives et complexes expliquent, d’un coté, la tendance à donner et à supposer aux Imazighen des origines extra-nord-africaines. Les amazighes ont pratiquement occupé tout le nord de l’Afrique depuis des temps immémoriaux. Et malgré les occupations historiques successives, les envahisseurs, en occupant surtout des portions littorales, étaient tout le temps contraints de respecter les royaumes amazighs situés à l’intérieur des terres. En partant d’Ibn Kheldoun, fondateur de l’histoire sociologique, les généalogistes et les historiens les plus sérieux avaient rejeté les énoncés qui faisaient de ces Amazighes des groupes ethniques d’origine tantôt grecque, tantôt perse, tantôt palestinienne, tantôt arabe... tantôt aryenne et tantôt sémite. Bien qu’une lecture critique des sources documentaires médiévales peut apporter des informations d’un intérêt inestimable, entre autres, les noms de tribus et de confédérations de tribus amazighes, les méthodes généalogiques utilisées par l’historiographie médiévale, pour expliquer les origines des groupes ethniques qui peuplent depuis des époques préhistoriques l’Afrique du Nord, ne sont fondées ni objectivement, ni scientifiquement. Presque tous les historiens et les chroniqueurs médiévaux ont utilisé brillement leur pseudo-savoir pour inventer aux berbères des ancêtres communs liés à « un arbre généalogique principalement sémitique » à son tour fictif et ce, seulement pour se tailler des histoires sur mesure afin de montrer la supériorité d’une langue dans laquelle était révélée une religion et à laquelle l’on attachait son ascendance. Ces histoires montées de toutes pièces font qu’aujourd’hui beaucoup de gens croient à ces ascendances au même titre qu’à force de mentir, le mensonge finit par devenir vérité – mais pas pour l’éternité - . Toutes ces origines que l’on suppose aux Imazighen restent du domaine des pures légendes. Elles ont un grand dénominateur commun, c’est qu’elles demeurent de nature à fausser les pistes du savoir et de l’intelligence. Pour illustrer ce qui précède, l’on peut citer une d’elle qui fait remonter les Amazighes à une conquête fictive qu’aurait menée un chef ou un roi arabe du nom d’Afrikech (ifricos). La nature totalement erronée de cette histoire saute bien aux yeux, puisque même le nom de ce chef imaginaire dont la forme rappelle celui de l’Afrique qui n’est que d’origine amazighe, ce qui est déjà incompatible du point de vue linguistique avec l’arabe. Il y a lieu d’évoquer ici que, suite à des combats qui conduisaient aux victoires des uns et aux défaites des autres et surtout à la mobilité des tribus amazighes qui étaient déjà imbriquées les unes dans les autres géographiquement et ethniquement, la conquête arabe qui fut terrestre et non maritime apporta de grands bouleversements jusque-là inconnus et changea le jeu politique, la répartition géographiques des tribus et affecta lentement, mais sûrement, la carte linguistique nord-africaine qui avait marqué jusqu’alors la stabilité et la continuité de la langue des Imazighen. A l’échelle du Nord de l’Afrique, la mosaïque ethnique des Imazighen rappelle jusqu’aujourd’hui l’existence d’un ancêtre symbolique qui, s’il n’était pas madghès (imedghasen) – appelé aussi El-Botr - ou Branès (ibernas), il serait Amazighe, ancêtre éponyme des Berbères. L’occupation par les Amazighes de tout le sous-continent africain (y compris une partie de l’Égypte pharaonique) depuis la nuit des temps, aidait aussi à la création des grandes villes qui allaient former le noyau à partir duquel se constitua la civilisation et les dynasties pharaoniques. Les études égyptologiques présentent de nos jours une valeur universelle du fait qu'elle aboutit à jeter la lumière sur le développement d’une civilisation raffinée dans la région géographiquement avantagée de la grande vallée du Nil ayant pris racine sur le continent africain. Grâce aux avancées perçantes des sciences, l’on sera par ailleurs plausiblement conduit à affirmer que l'Afrique fut non seulement le centre de l'apparition de l'homme, mais aussi son centre d'évolution et de dispersion vers les deux autres continents terrestres : l'Europe et l'Asie. Là, la théorie la plus appuyée sur l’origine de l’homme permet dans l’état actuel des recherches, de conclure sur l’origine géographique africaine de la lignée humaine. L’apparition de l’espèce humaine remonte à environ 13 Ma avant aujourd’hui. Au regard de la marche de l’humanité, le continent africain peut être considéré comme non seulement l’utérus terrestre ayant donné naissance au premier homme, mais aussi le premier et le plus grand théâtre sur lequel se jouait le drame de l'évolution humaine. Et c'est grâce aux interactions des civilisations amazighe et égyptienne dans un même creuset que se provoqua la constitution des premiers fondements prédynastiques de l'Egypte antique. Beaucoup de Libyens profitèrent des échanges très anciens entre amazighes et égyptiens pour s'installer près du Nil et sur le bord des lacs. Et malgré les vicissitudes des millénaires, l’on rencontre jusqu’aujourd’hui la présence de l’oasis Siwa peuplée par des amazighes qui, en continuant de vivre en vase clos, pratiquent une variante amazighe appelée Tasiwit (le Siwi) et ce, en plein milieu de l'immense désert. Ce sont les rescapés de l’histoire des populations amazighes dans cette contrée d’Egypte. Le terme amazighe aghurmi (garamante) a pu se conserver jusqu’à nos jours dans le Sud de la région de Siwa. A présent, il est largement admis que la présence de termes de souche linguistique amazighe dans les dialectes égyptiens des régions où vivaient les L’ébous n’est qu’un des signes du contact quasi-permanent entre les deux langues en question, à savoir l’Egyptien et l’Amazighe. L’un des événements les plus importants de l’ةÉgypte pharaonique s’attache au nom du roi amazighe Chachnaq 1er. Suite à une ancienne et traditionnelle incorporation de mercenaires amazighes dans l’armée égyptienne royale, l’Aguellid Chachnaq 1er après avoir vaincu de manière éclatante les armées du Pharaon, fonda la première dynastie amazighe d’Egypte. A ce propos, l’an zéro du calendrier amazighe se réfère à cette date historique de 950 avant J.-C. où Chachnaq fut monté sur le trône et fonda la 22ème dynastie de l’Egypte antique. Ces rois amazighes régnèrent sur tout le Delta et conservèrent ce trône dynastique durant plus de deux siècles, ce qui leur avait permis de jouer un grand rôle dans l’histoire égyptienne. Y a-t-il lieu d’évoquer ici que ce souverain était parvenu jusqu’à envahir la Palestine, qui était une contrée égyptienne, et piller les trésors du temple de Salomon dans la ville de Jérusalem (la Bible évoque ce Roi/Aguellid amazighe sous le nom de Sesac. Le même nom d’Aguellid, évoqué sous formes de Goliat et Djalout (selon les sources arabes), était un titre porté par le Roi que des généalogistes l’avaient à tort fait descendre de Pharès, ancêtre des Persans, et d’autres les avaient fait émigrer de la Syrie. Des sources ont affirmé que ce même Goliath (Aguellid) fut tué par David. Cette circonstance, parait-il, aurait induit en erreur ceux qui voyaient en Aguellid comme faisant partie des Philistins. Il y a lieu ici de dire que c’est une vérité historique, mais qui marche dans le sens inverse. Une autre source historique fait du titre Aguellid (Goliath) le fils de Cais Ibn Ghailan, descendant de Maâd. Quelle grosse bévue. Ce terme Aguellid (pl. Iguelliden/Igueldan), en traversant les millénaires, est très usités actuellement dans les diverses variantes amazighes. Il donne le sens de roi. Par contre, le terme Aguellid n’est pas du tout attesté dans l’une des langues sémitiques. En passant, l’on peut confirmer que les Amazighes étaient allés jusqu’à chambouler la civilisation égyptienne, voire méditerranéenne, en envahissant l’Egypte pharaonique. C’était aussi aux Amazighes inventeurs d’une roue inconnue jusqu’alors que les Grecs empruntèrent la technique d’atteler quatre chevaux à leurs chars et ce, aux alentours des douzièmes siècles avant J.-C. Les Grecs ont entres autres emprunté aux Amazighes l’habillement et l’égide (en Amazighe, ighidh = chevreau). Quant à la langue amazighe, celle-ci appartient à la famille de langues dite Afro-asiatique. La zone géographique d’apparition de cette famille est un point de départ primitif situé en Afrique. C’est pourquoi l’on relève qu’une des langues les plus proche de l’Amazighe est l’ancien égyptien de laquelle dérive le Copte qui est à la base de la première appellation de l’Egypte, transformé en Misr (en Arabe). Scientifiquement, la langue amazighe, qui est un indice capital de l’existence des Amazighes, est l’une des langues les plus anciennes de l’humanité. Elle couvrait déjà son autonomie dès les toutes premières formations des sociétés humaines préhistoriques. Par ailleurs, les spécialistes anthropologues et archéologues partagent largement l’idée que l’Afrique représente bel et bien le berceau de l’humanité et l’ancien continent par excellence où avaient apparu et évolué les premiers hommes. La science, avec la contribution notamment de l’anthropologie, de l’histoire, de la linguistique et de la génétique, saura éclairer les zones d’ombres qui ne cessent d’être soulevées et controversées. Ce qui est étonnant, c’est que des spécialistes en génétique ne cessent d’appuyer la théorie d’Ibn Kheldoun selon laquelle les Nord-Africains sont de souche majoritairement amazighe. Reconnaître et les vertus des Berbères permet de se rendre compte que c’est la conjugaison de son histoire, sa langue, ses fondements sociaux… et sa culture qui fait que les Amazighes ont pu laisser une forte trace indélébile à tous les niveaux. Supposer une origine aux Amazighes, différente de celle qui existe réellement et profondément, ne rend service et n’honore pas le savoir. Dans l’évolution actuelle des choses, un Amazighe, amazighophone ou arabophone, ne peut sentir sa profonde Nord-Africanité complète tant qu’il ne se considère pas appartenir à la civilisation amazighe, tant qu’il est déraciné de sa culture multimillénaire, tant qu’il continue d’ignorer son histoire et sa langue amazighe que ses aïeux pratiquaient jusqu’aux derniers siècles, voire ces derniers décennies. « On a vu chez les berbères des choses tellement hors du commun, des faits tellement admirables qu’il est impossible de méconnaître le grand soin que Dieu a eu de cette Nation… » Ibn Kheldoun.
Tanemmirt.
Merci pour votre attention.
Hammou Nat Mzab.
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